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Paroles

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La fille de joie

texte et musique d’Augustin Bézier


Tu gagnes ta vie à l'ombre des beaux jours,
et la nuit te sourit quand tu fais l'amour
à des maris menteurs, des hommes qui n'on plus le cœur
à fleurir la Madame, ils ont fané leur femme.


Ils viennent chez toi
chercher un peu de charme,
dans tes bras de gamine,
ils oublient la machine.
Les jours après les jours,
les nuits dans le même lit,
les matins de routine,
et leur vie qui chemine.


Fille de joie,

tu as pour toi
un homme chaque soir
avec sa gueule, son histoire ;
jamais la même, c'est tout un poème
l'amour sur le trottoir.


Femme de la nuit aux yeux de fard,
t'as le talon haut sur le trottoir
ça fait claquer tous les petits gars
qui viennent pour faire la première fois.
Y a dans ton lit toute la fraîcheur
de ces garçons que tu défleures,  
aux plaisirs d'amour consommés,
ces petits anges sont damnés.


T'as même pas de rides
car tu sais voler la jeunesse
à tous ces puceaux de kermesse,
qui aprés la messe iront dire
qu'ils t'on fait pleurer de plaisir,
allez va , laisse-les mentir.


Fille de joie,

tu as pour toi
un homme chaque soir
avec sa gueule, son histoire ;
jamais la même, c'est tout un poème
l'amour sur le trottoir.


Et puis y a ceux qui sont tout vieux,
qui viennent encore avant la mort,
tirer la vie un dernier coup ;
le corps est mou mais l'âme légère
et c'est si touchant de tendresse
un homme qui, même vielli, se laisse
caresser comme un enfant,
toujours timide malgré le temps.
Tu fais toutes les bricoles,
t'es la reine des gallipettes,
tu offres à ces vieux des gâteries
qu'on leur fera pas au paradis.
Et v'la qu'ils repartent en chantant,
comme s'ils avaient vingt ans


Fille de joie,

tu as pour toi
un homme chaque soir
avec sa gueule, son histoire ;
jamais la même, c'est tout un poème
l'amour sur le trottoir.

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