Madame Machin
se fait du chagrin
dans ses salons parisiens.
On lui offre des fleurs et du parfum,
mais le mondain ça lui dit rien.
Monsieur Dupont se fait du mouron
dans son deux-pièces à Charenton ;
pour la routine, il a mauvaise mine.
Il dort pas beaucoup,
il a mal partout.
Monsieur Bohème,
l'artiste de scène,
se farde les yeux dans son boa.
Avant le spectacle,
il se fout une claque,
pour se motiver ça le fait vibrer
Monsieur Anar'
mange son pain noir,
des utopies bien périmées.
Il y croit toujours,
Le pauvre amour,
mais les lois, c'est fait pour durer
Mais moi,
nomade dans l'âme,
je voudrais quitter Paname.
Mais moi,
nomade dans l'âme,
tzigane !
Monsieur Syndic',
pour la critique,
se fait média
crache sur les riches.
Ami des flics,
il est politique ;
il défend les pauvres
mais lui, il est riche.
Monsieur Ricain,
sur son drapeau,
plante ses étoiles à coups de marteau ;
Rêve de conquêtes,
jamais de défaites
Toujours premier,
c'est son idée.
Madame de Bureau
se fait fonctionnaire,
fonction de paperasse,
ça lui fait faire.
À papoter toute la journée,
de ses collègues,
elle se fait aider.
Madame Pervenche de contredanse,
dans les quartiers met des P.V.,
sur les pare-brise et que ça la grise,
les mal-garés, elle s'y connaît.
Mais moi,
nomade dans l'âme,
je voudrais quitter Paname.
Mais moi,
nomade dans l'âme,
tzigane !
Qu'on soit Machin
ou bien Dupont,
un jour Bohème,
un soir Anar'.
Parfois critique,
jamais Ricain,
dame de bureau,
pervenche dans le dos.
Qu'on soit ministre
ou bien bobo,
chef de métier,
voyou de quartier,
chanteurs pour femmes,
jeune diplômé,
on se retrouve tous,
même destinée :
On cherche l'amour
après le turbin,
dans les cafés,
pour se faire aimer
des jolies dames
ou des beaux hommes ;
en fin de compte
on n'est personne,
que des femmes et des hommes.