Même si je pense parfois trop fort aux flancs des
femmes
Que je me mets dehors tout nu, à mort, pour quelque dames
Même si trop pur, je prie le ciel, les saintes étoiles
De m’emmener au septième ciel sur la grande voile
Grattant mon temps, je crois renaître des vieux grands
De ces belles voix, qui donnaient du cœur à la chanson
Qu’on me rigole, qu’on me dise fou, pauvre garçon
D’une scène de gare, d’un rad à part, je fais mon picon
Idéaliste, si l’on me voit unijambiste
Titubant sur un banc, le soir, drôle de chaland
J’fais fier zon-zon, je déballe mon chant, à ma façon
Pour rien au monde, je vivrais le jour parmi les gens.
Mais pour rien, pour une femme, un enfant un amour
Pour demain pour toujours pour un soir
Pour une heure, pour une vie, pour un cœur, un ami
Pour une fleur, ma jolie, je chante, je chante
Et si je pleure, c’est pareil
C’est ma douleur, c’est ma merveille
Ma vie, ma voix, à faire la scène
Tant pour rien qu’on dise de moi que je frôle
l’indifférence,
J’ai perdu toute morale et bien trop de convenances
Enfant de la lune, je me fais taxer de rêverie
Quand je plante ma plume croyant faire un peu d’esprit.
Si l’on me sent dormir un peu quand on me parle
C’est que je m’émeus seulement pour quelques femmes à barbe, mais
Si tu m’amuses, que tu te fais muse au chant de mon charme
Là je rajeunis, je me ferais pantin pour ta parade.
Que l’on me voie courir un peu derrière vos montres
C’est que semblant, je fais souvent, comme tout le monde
Seul je vis, je vole à l’heure de la chanson
Je n’ai que foutre du temps, et que battent mes saisons
Mais pour rien, pour une femme, une enfant un amour
Pour demain pour toujours pour un soir
Pour une heure, pour une vie, pour un cœur, un ami
Pour une fleur, ma jolie, je chante, je chante
Et si je pleure, c’est pareil
C’est ma douleur, c’est ma merveille
Ma vie, ma voix, à faire la scène
Si je termine, illustre grand, franc gouvernant
A l’assemblée, je ferai chanter ces grands enfants
Ce sera légal et bien moral de rire tout le temps ;
Je rendrai à l’art sa condition dans les rues le soir.
Mais si je finis sans étiquette, sans renommée
Avec sur la tête, mon chapeau pour mendier
On m’écoutera comme une gentille boite à chanson
Je ferai le barde pendu à l’arbre sur mon tronc
En attendant d’être un tombeau
Je chante
Et si je meurs, ça sera pareil
Ma pauvre voix, c’était merveille
A faire ma vie, en fille de scène